Les détails relatifs à la période
antérieure au XIIIème siècle étant rares et vagues, nous nous
sommes consacrés principalement à la période postérieure.
Se pencher sur l'histoire et sur
la vie économique et sociale d'Erezée, c'est découvrir le passé
de la terre et seigneurie de Durbuy. La Terre de Durbuy se constitua
au XIIIème siècle et trouva sa configuration définitive entre
1400 et 1450. A cette époque,
les comtes du Luxembourg ont pris sous leur protection les terres
domaniales du Nord-Luxembourg et du XIIIème siècle au XVème siècle
gèrent les Terres de Durbuy qu'ils confient à un prévôt et à un
châtelain. Au XIVème siècle, la Terre de Durbuy fait rapidement
l'objet d'un marchandage destiné à procurer de l'argent aux comtes
et est donnée en engagère dès 1411. L'engagère se perpétua de
1411 à 1795, excepté la période 1609 - 1628 et entrecoupée en
1621 par de nombreuses incursions hollandaises dans le Luxembourg.
Plusieurs seigneurs engagistes se succéderont de 1471 à 1795.
Le seigneur engagiste est, à l'époque, le seigneur hautain qui
délègue ses pouvoirs à un prévôt. Aux côtés de ce fonctionnaire
figurent le gruyer ou intendant des bois, le greffier et le receveur
chargé de la perception de toutes les redevances levées sur la
Terre de Durbuy. Le prévôt préside aussi la haute cour. Celle-ci
a haute, moyenne et basse justice. On peut estimer à près de mille
le nombre de ménages qui au XVIème siècle vivent sur la Terre
de Durbuy.
Celle-ci
comprend les subdivisions suivantes:
- La ville et franchise de Durbuy
- Les 4 cours ou bancs de Barvaux,
Wéris, Grandmenil, et de la Sarte (origine d'Erezée)
- Les seigneuries foncières
Située au Sud-Est de la Terre de
Durbuy, notre commune a vécu de la culture, de l'élevage. Elle
se trouve dans ce qu'on appelait au XVIème siècle le terroir d'Ardenne
où le sol est particulièrement ingrat. On y cultivera l'avoine,
l'épeautre, puis le seigle. Le froment ne fera son apparition
qu'au XIXème siècle avec les engrais. Le foin tient une place
importante dans l'économie agraire et l'élevage apporte à la population
des ressources précieuses.
Aux XVème siècle et XVIème siècle, les habitants d'Amonines et
d'Erezée ont pris une part active à l'industrie métallurgique
qui fut prospère jusqu'en 1626 puis disparaît définitivement.
Notre cour de la Sarte fut le centre sidérurgique de la Terre
de Durbuy avec les forges les plus connues de Blier, Aisne sous
Fisenne et Amonines. Les maîtres de forges étaient pour la plupart
des collaborateurs proches du seigneur de Durbuy.
Ce fut une époque florissante mais
caractérisée par de nombreux procès accusant les maîtres de forges
de ravager nos forêts. Les maîtres de forges disposaient, en effet,
sur place de matières premières, les fourneaux se trouvaient à
proximité des bois et des minières. Les besoins en bois étaient
considérables mais la Terre de Durbuy n'en manquait pas. Vers
1600, elle exportait vers le nord 60% des bois abattus. De 1475
à 1575, Liège absorba la plus grande production de fer et de bois,
les maîtres de forges étaient assurés d'un débouché proche et
rémunérateur. Pendant un quart de siècle, 35 usines dont près
de 30 manifestent leur activité métallurgique dans la vallée de
l'Aisne qui voit s'affairer autour des installations des bûcherons,
des mineurs, des charretiers, des forgeurs et des fondeurs. Les
incursions hollandaises puis la guerre avec la France et l'épidémie
de 1686 vont décimer et ruiner la population. L'industrie métallurgique
de la région ne survit pas. La disparition de la métallurgie est
pour la population de la Terre de Durbuy un événement pénible
et porte un coup dur à une économie déjà menacée. Les coupes de
bois compensent en partie cette perte d'emplois. Les abatteurs,
charbonniers et charretiers restent nombreux et les mineurs seront
sollicités par le marché liégeois. |